Le chirurgien malgache
Quand une rencontre imprévue déplace une vie que l’on croyait solidement construite.
Des vies que l’on croyait bien ordonnées
Le chirurgien malgache prolonge librement L’étudiant malgache. On y retrouve, des années plus tard, le jeune étudiant devenu chirurgien à Tananarive. Mais cette fois, le récit quitte largement les faits réels pour entrer dans la fiction.
Jérôme est désormais un homme installé dans sa vie, sa famille et son métier. Chirurgien expérimenté, habitué à décider, à agir et parfois à réparer, il va découvrir que les relations humaines se prêtent beaucoup moins facilement au diagnostic.
Le roman s’intéresse à ces déplacements presque imperceptibles qui peuvent modifier une existence : une rencontre, une proximité qui s’installe, des sentiments que l’on n’avait pas prévus, puis la difficulté de leur trouver une place sans détruire ce qui existe déjà.
Il y est beaucoup question de fidélité, mais pas seulement au sens conjugal. Fidélité à soi-même, à ceux que l’on aime, aux engagements pris, à ce que l’on croit juste. Et parfois ces fidélités ne conduisent pas toutes dans la même direction.
La médecine traverse tout le roman. Non comme simple décor, mais parce que les personnages sont des médecins habitués à rechercher des causes, à prendre des décisions et à mesurer les conséquences de leurs actes. Ils découvrent pourtant que, dans leur propre vie, comprendre ne signifie pas nécessairement savoir quoi faire.
Le silence y tient également une place importante : ce que l’on ne dit pas pour protéger l’autre, ce que l’on tait parce qu’on ne sait pas encore le nommer, et ce que les autres comprennent malgré tout. Léa, notamment, perçoit très tôt qu’un changement s’est produit sans chercher immédiatement à le provoquer ou à le combattre.
Le chirurgien malgache est ainsi moins un roman sur l’adultère ou sur une histoire d’amour qu’un roman sur la difficulté de trouver la bonne distance entre les êtres.
Et sur cette question simple en apparence : comment rester juste lorsque aucune solution ne l’est complètement ?